Les années inexpérimentales
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Quelques citations de gentrificateurs

jeudi 9 septembre 2010, par NicolasPrignot

Ces textes pourront servir à un quizz : devinez qui a dit :.... ou comme citations incrustées dans des articles

Quizz

Là où des jeunes désœuvrés insécurisent le quartier et où les magasins de nuit sont les seules sources de lumière et de vie, des salons de thé tendance surgiront tout à côté des cafés des Flamands du quartier Dansaert. Là où actuellement nous ne circulons que si nous y sommes obligés, nous flânerons à la recherche de notre âme. Toute la zone du canal, d’Anderlecht au square De Trooz, doit être rendue à la ville : un grand parc le long de l’eau, des enfants qui jouent, des solariums, un autre parc doté d’une piscine en plein air, le Petit Château transformé en site résidentiel. En direction d’Anderlecht, plus de quartiers glauques où les enfants jouent dans des cages mais des quartiers où des familles à revenus moyens auront envie d’habiter. C’est la raison pour laquelle, l’industrie et le port doivent se retirer quelque peu en direction de Vilvorde.

Pascal Smet, Een stad, een visie – Une ville, une ambition – One city, one future, 2009, p.99 La création d’une mixité sociale est un objectif que l’on retrouve dans de nombreuses communes. De même, il figure dans les directives pour les contrats de ville et les contrats de logement comme situation à favoriser. La notion de mixité sociale s’avère être un concept très vague. Sa signification au niveau communal est diverse : il peut s’agir d’un mélange de différentes catégories salariales, nationalités, générations, propriétaires/locataires, etc. Le plus souvent, toutefois, il est question d’attirer des classes moyennes dans des quartiers défavorisés pour y créer une mixité sociale (il est rarement préconisé de promouvoir la mixité sociale dans des quartiers plus aisés). En l’occurrence, les motifs sont le renforcement de la cohésion sociale, l’amélioration des revenus des communes, etc. Même en souscrivant à l’idée que la création d’une mixité sociale est susceptible d’apporter une solution à des problèmes sociaux, il faut – dans le cadre d’une politique axée sur les défavorisés – prendre sérieusement en considération les effets négatifs de la gentrification : des augmentations de prix peuvent conduire à l’éviction hors de ces quartiers des titulaires de revenus faibles.

La politique fédérale des grandes villes. Examen des contrats de ville et des contrats de logement 2005-2007, Rapport de la Cour des Comptes transmis à la Chambre, Bruxelles, décembre 2007, p.47

N’importe quoi ! Vous parlez de la gentrification ? Dites-moi où elle se produit ? (...) Il n’y a pas eu de mutation sociale grave à Bruxelles ! La rénovation a des effets bénéfiques ! La classe moyenne a des exigences supérieures.

Charles Picqué, interview dans Le Soir, 20 octobre 2009

Alors, projet de luxe ? « Non, il est clair que l’on s’adresse à un public aisé, mais je dirais plus haut de gamme et surtout destiné à encourager la mixité dans le quartier ».

Stephan Sonneville (Atenor), L’Echo, 28 mai 2008 (à propos de la tour Premium)

Certains rejettent ce genre de « gentrification », parce que cela entraîne une augmentation des prix pour certains habitants. Ils vont même jusqu’à empêcher ce processus, mais heureusement n’y parviennent pas. Il me semble plus sensé en tant qu’autorité de combler quelques lacunes. Sven Gatz, interview 30 janvier 2007, www.stadsluchtmaaktvrij.be

Les quartiers populaires doivent se préparer à devenir le nouveau centre urbain

Journal Kanal (25 avril 2009)

... Nous devons continuer à être attentifs au risque lié à la gentrification, tout en ayant comme objectif la rénovation du bâti, non seulement par les pouvoirs publics, mais aussi par le secteur privé. L’effet de contagion qui peut en résulter est extrêmement positif pour le quartier concerné et pour l’ensemble de la Région. Par conséquent, nous avons des réserves par rapport aux critiques émises par l’étude sur le risque lié à la gentrification. Il doit être possible de revaloriser certains quartiers sans en chasser ses habitants défavorisés.

... A ce propos, l’accord de gouvernement prévoit un mécanisme incitatif d’encadrement des loyers à instaurer par le biais fiscal, afin d’éviter aux populations des quartiers touchés par la gentrification de devoir quitter le périmètre, voire très souvent la Région elle-même. Nous sommes en train de préparer ce futur encadrement, qui se veut logique et cohérent par rapport au risque de gentrification

Christos Doulkeridis, Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale, Commission du logement et de la rénovation urbaine, 23 février 2010

Pas d’angélisme par rapport à la gentrification. L’Europe défend la libre circulation des personnes et des travailleurs, quelle que soit leur origine. En tant que fils d’ouvrier, je peux vous assurer qu’une population défavorisée concentrée dans un quartier le quitte dès qu’elle en a les moyens. Il s’agit là d’une évidence et d’un processus normal.

Vincent De Wolf, Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale, Commission du logement et de la rénovation urbaine, 23 février 2010

Citations :

La ’gentryfication’ … est de plus en plus présente dans certains quartiers centraux de notre région, quartiers anciens pour la plupart, qui bénéficient de politiques publiques de rénovation. Elle se traduit par la rénovation des bâtiments et l’accroissement des valeurs immobilières. Le phénomène n’est pas sans conséquence. Les classes populaires et notamment les groupes successifs d’immigrés venus vivre dans ces quartiers, attirés par les logements bon marché, … se voient obligés de quitter les lieux lorsque les politiques publiques de rénovation rendent le quartier attractif pour les classes moyennes … et que, par conséquent, les prix de l’immobilier grimpent. La pression exercée pousse les pauvres à se déplacer vers des secteurs moins attractifs

Vincent De Wolf, Le logement à Bruxelles, Les Cahiers du Centre Jean Gol, 2009, p.22

Les projets de logement ne bénéficieront probablement pas le plus aux catégories salariales les plus basses qui sont le plus mal logées. À ce propos, la création d’une mixité sociale est un objectif que l’on retrouve dans de nombreux projets. Dans la pratique, il s’agit souvent d’attirer les classes moyennes dans les quartiers défavorisés pour y créer une mixité sociale. Dans le cadre d’une politique axée sur les quartiers défavorisés, il faut prendre en considération les effets négatifs. Des augmentations de prix peuvent conduire à l’éviction hors de ces quartiers des titulaires de revenus faibles. Ces effets ne sont pas pris en considération pour le moment.

La politique fédérale des grandes villes. Examen des contrats de ville et des contrats de logement 2005-2007, Rapport de la Cour des Comptes transmis à la Chambre, Bruxelles, décembre 2007, p.4

Pour ce qui est de la mixité, la SDRB a volontairement investi dans certains quartiers afin d’en rehausser la qualité, avec la volonté d’attirer un autre public qui contribuera à une spirale positive dans les années à venir.

Christos Doulkeridis, Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale, Commission du logement et de la rénovation urbaine, 23 février 2010

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