Les années inexpérimentales
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IEB et la gentrification

jeudi 9 septembre 2010, par Almos Mihaly, NicolasPrignot

Nota bene : Ceci servira de cadre dans un autre article.

Dans les années 70 et 80, IEB a soutenu plusieurs comités d’habitants dans les quartiers populaires menacés par des grands projets publics et privés. La résistance s’exerçait contre des adversaires identifiables. La défense du tissu urbain et social allait de pair et les procédés de rénovation urbaine réclamés ne pouvaient déstructurer ni le bâti ni le social. C’est cependant au quartier des Marolles qu’est apparue la première tentative de mutation fonctionnelle d’un quartier ancien (sablonisation). Mais la résistance contre des changements d’affectations, principalement commerciales, porta encore ses fruit. Le tissu associatif réussit à préserver l’expulsion des habitants de leur cadre de vie. D’autres tentatives d’expulsions à la rue de Samaritaine échouèrent en 1989.

Dans les années 90, la situation s’est complexifiée. Autant l’affrontement avec les institutions avaient porté leurs fruit, autant la reprise par celles-ci des combats citoyens produisait des effets pervers et rendait les revendications inopérantes. Parmi les zones d’ambiguïté, il faut citer le rôle de la SDRB, censée piloter la politique régionale de rénovation urbaine, mais qui après des tâtonnements se cantonna dans la construction de logements moyens. IEB dénonça ces tentatives de s’implanter dans des quartiers populaires où les priorités auraient dû être le logement social, par exemple à la rue des Tanneurs ou à la rue de l’Hectolitre (place du Jeu de Balle). A partir de l’instauration de la politique de revitalisation des quartiers (via les contrats de quartier), les menaces frontales ont certes diminués sur les quartiers et la mobilisation a pris d’autres formes. A part le rôle d’observateur dans l’un ou l’autre périmètre, IEB ne s’est plus engagé dans ces dispositifs regrettant que la production de logements sociaux ou assimilés y était insuffisante. IEB a éprouvé des difficultés à mesurer et à affronter un phénomène aussi insidieux que la gentrification. Reposant apparemment sur des choix individuels, la gentrification est déterminée par de multiples facteurs socio-culturels, économiques et politiques. . L’organisation de groupes d’habitants contre une menace diffuse nécessite aujourd’hui l’analyse des effets pervers d’une certaine politique de repeuplement et de développement du logement en région bruxelloise. Cela demande des garde-fous pour détecter les diverses formes de spéculation sur les logements fragilisés, ciblés par des rénovations de luxe. Cela demande aussi de la volonté politique pour réguler le marché en fonction de la demande de logement réelle . Dans ce sens , il est temps de créer des mécanismes qui précipitent la réoccupation des surfaces inoccupées (logements et bureaux). Enfin, une politique sociale du logement doit être relancée tant par la production de logements sociaux en quantité que par une lutte pied à pied des pouvoir public pour une meilleure maîtrise du foncier au profit des Bruxellois les plus pauvres. A IEB de saisir ces enjeux.

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